Déclaration _Recueillement Enseignants

Devoir de mémoire envers tous ceux et toutes celles qui ont disparu

Nous voilà réunis aujourd’hui pour rendre hommage à nos collègues récemment disparus, nos amis Mohand Arezki Boudiba, Mohand Larbi Tayeb, Zatout Ahmed, Brahimi Mohamed, Ait Aider Malika, El-Heit Kaddour, Belkessam Fatima et exprimer nos condoléances et notre sympathie à leurs familles et aux collègues de leurs facultés où certainement ils ont laissé un vide effroyable, difficile à combler.
Nous sommes là aussi pour nous incliner devant et saluer la mémoire de tous nos
collègues disparus. C’est certainement triste et pénible de nous retrouver sans
eux, mais il est de notre devoir de le marquer par cet instant de communion car la sève de l’arbre universitaire, c’est son corps enseignant qui forme aussi le
réticulum de sa continuité et de sa pérennité.
Nous rendons hommage à ces collègues qui viennent de nous quitter tout
récemment, mais à travers eux, à toutes celles et tous ceux qui ont honoré cette
université de leur savoir et de leur savoir-faire. Ils ont honoré le nom de Mouloud Mammeri et il est du devoir de chacun de nous d’honorer leurs noms à eux tous, comme maillons indéfectibles dans la formation du capital humain, dans la formation à la citoyenneté et au regard critique.
Ce que nous devons à nos collègues qui nous ont quittés depuis pratiquement la
création du Centre universitaire de Tizi Ouzou en 1977, ce n’est pas seulement un
hommage symbolique ou un moment de recueillement, mais c’est la pérennité de
l’université et de la transmission du savoir.
Ce que nous leur devons également c’est la reconnaissance de leurs valeurs
humaines et de l’intégration des valeurs universelles dans leur rhétorique
scientifique et au quotidien pour les léguer aux étudiants et les cultiver dans leur environnement.
A ce titre, ils ont contribué à la construction de cette dynamique propre à notre université. Notoriété oblige : il fallait être à la hauteur de la pensée et de la personnalité exceptionnelle de Mouloud Mammeri.
C’est pour cela que des collègues, comme Boudiba et Tayeb et tant d’autres qui
nous ont quitté, ont chacun à sa manière, contribuer à créer la singularité, ce
point focal où s’est concentré l’esprit critique, le sens de l’être universitaire, de
l’acte pédagogique et scientifique, à la persévérance, l’abnégation et la projection dans toute sa rigueur, dans la modestie et la mesure.
Pour sa pérennité, l’université Mouloud Mammeri ne doit jamais oublier ses
enfants, ceux et celles qui se sont sacrifiées pour elle. Quel que soit l’ampleur de l’hommage qu’on puisse leur rendre, ce ne sera jamais assez. Aussi, c’est par notre dévouement, votre agrégation au savoir et aux valeurs humaines, par une remise en cause permanente de soi et par la culture de l’esprit critique qu’on peut
honorer en permanence leurs âmes.
La vie est certes courte, mais la contribution de tout un chacun peut-être
immense, même éternelle. Choisissons la voie de la science.
Ce moment dédié à la mémoire de nos chers collègues nous rappelle que la
communauté que nous sommes mérite mieux que la disjonction et l’indifférence
qu’elle subit ces dernières années.
L’hommage à ces pionniers signifie aussi relever le défi de redonner à l’université
Mouloud Mammeri ses lettres de noblesse. Et le défi est immense, il appartient à
chacun de nous de le relever ! Chaque moment, aussi triste que celui que nous
vivons, doit nous tirer de la léthargie de l’ignoble monotonie et de l’indifférence
qui ronge le lien social au sein de notre communauté et nous inciter à sa
reconstitution pour ne pas sombrer dans l’oubli et l’effacement de la riche
mémoire de notre université. Que nos collègues défunts reposent en paix et, par la même occasion, ayons une pensée particulière à l’un de nos anciens recteurs, le Professeur Salah Hamoudi, qui nous a quittés sans que l’université qu’il a gouvernée des années durant ne l’ait réalisé.

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